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Une sortie pour découvrir l’histoire du Pays

Lundi 23 après-midi, les deux groupes d’enseignement d’exploration « Littérature et société » et « Patrimoine et civilisation » ont investi l’amphithéâtre de Blaise Pascal en compagnie de leurs homologues de ce lycée pour y découvrir certains pans de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.
L’archéologue Christophe Sand a présenté les origines du peuplement du Caillou en détaillant les différentes phases, en particulier une première étape jusqu’à la fin du premier millénaire pendant laquelle les gens brûlaient la végétation pour planter, provoquant une grande érosion, jusqu’à ce que ce système trouve ses limites quand la population atteint un seuil critique. C’est à ce moment qu’est née la culture kanak telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec une grande organisation des espaces de culture, d’irrigation, et de structures sociales.
C’est cette société que découvrit James Cook. Mais des nouveautés qu’il apporta, la moins visible fut celle qui fit le plus de ravages : les microbes. Ainsi, quelques décennies plus tard, les Français découvrirent une société complètement désorganisée.

M. Barbançon prit ensuite la parole pour rappeler la grande violence de la colonisation envers les Kanak et envers les travailleurs, en particuliers ceux qui venaient d’Asie, qui jusqu’en 1956 étaient payés moins que les autres pour un travail plus difficile. M. Lotaut, a d’ailleurs rappelé qu’il avait participé aux manifestations pour réclamer l’égalité des droits. L’enjeu de la recherche d’une main d’oeuvre abondante et peu chère pour une mine cannibale reste d’ailleurs d’actualité…

A 15h00 les intervenants se sont répartis dans trois espaces : l’amphithéâtre pour l’Asie, la scène pour le Pacifique et le CDI pour l’Atlantique / Méditerranée (Europe, Antilles, Algérie), entre lesquels les élèves ont circulé et échangé avec les invités. Ils ont eu droit en outre à une belle démonstration de Pencak silat, art martial indonésien.

Au moment de partir, le seul regret fut le manque de temps pour approfondir les échanges.

Pour une première, ce fut quand même une réussite, ne doutons pas que les organisateurs sauront satisfaire tout le monde lors de la prochaine.

 

Voici l’extrait du journal télévisé du lundi 23 juin qui présente notre opération :

 

 

Voici l’article publié dans les Nouvelles Calédoniennes à l’occasion de cet événement :

ANSE-VATA. APRÈS-MIDI DE RENCONTRES INTERCOMMUNAUTAIRES AU LYCÉE BLAISE-PASCAL

LEÇON D’HISTOIRES COMMUNES

Publié le mardi 24 juin 2014 à 03H00
Quatre-vingt-dix élèves de seconde des lycées Blaise-Pascal, Do Kamo et Anova ont participé à une après-midi de rencontre avec des membres des différentes communautés du Caillou, hier, à l’auditorium du lycée de l’Anse-Vata. L’occasion d’en apprendre plus sur une histoire qui les rassemble.

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Les adolescents ont découvert des aspects de l’histoire calédonienne qu’on ne trouve pas dans les livres.
Photo Gédéon Richard

Evoquer en une heure top chrono le peuplement du Caillou et l’histoire des différentes communautés qui font aujourd’hui la population calédonienne… Le défi a été relevé par l’archéologue Christophe Sand et l’historien Louis-José Barbançon, intervenus, hier, au lycée Blaise-Pascal. Organisé conjointement par Daniel Collet, documentaliste du lycée Do Kamo et Elena Mazzeo, son homologue du lycée catholique de l’Anse-Vata, l’événement visait à inciter les élèves qui y ont participé à s’ouvrir aux autres et à aiguiser leur curiosité. « Il faut que vous soyez prêts à construire une Calédonie fraternelle », les a interpellés d’entrée Christophe Sand, premier à intervenir. Attentifs, ces derniers l’ont écouté évoquer une aventure humaine étalée sur 120 générations, allant des premières pirogues de peuples austronésiens à l’arrivée de James Cook, en 1774. « Avant l’arrivée des Blancs, il y avait déjà une histoire et des dynamiques de transformation de la société », a-t-il rappelé.

Aventure. A partir de l’étude de sédiments et des restes de poteries Lapita, l’archéologue a expliqué la disparition d’espèces avec la culture sur brûlis, l’extension des terres sur la mer liée aux glissements de terrain qui suivirent, les évolutions des systèmes politiques et l’occupation massive de la Grande Terre, rendues impératives avec l’invention de nouvelles techniques agricoles. Puis Louis-José Barbançon a pris la suite pour résumer cent cinquante ans de colonisation. « Le seul moyen de fixer des Français, c’était en les obligeant à venir pour établir définitivement la présence française », a avancé le professeur, expliquant les motivations de l’Etat français à créer un bagne en Nouvelle-Calédonie. Autre argument avancé : le besoin de travailleurs bon marché, qui a, suite à l’arrêt des contrats de chair humaine, provoqué l’arrivée de travailleurs asiatiques sous contrats.

Violence. Des hommes finalement employés dans des conditions extrêmement violentes, proches de celles vécues par les Kanak, pris entre spoliations foncières, tribus incendiées et enfants otages. « Est-ce à dire pour autant que l’histoire du pays n’est qu’une histoire de violence ? Non, sûrement », a repris l’ancien enseignant à Rivière-Salée, qui, photo de mariage entre un fils de forçat et une fille de Moneo, a insisté pour rappeler qu’actes d’amour, de générosité, d’entraide et de fêtes partagées ont également émaillé l’histoire calédonienne. A l’image de la grève de 1956 pour la parité des salaires entre ethnies. Un peu sous le choc de tant d’informations reçues, les adolescents de l’auditorium ont ensuite participé à différents ateliers avec des personnalités venues témoigner de l’histoire de leur communauté et de leurs pratiques culturelles. « Je ne savais pas que des Javanais avaient travaillé dans les mines », a réagi Marie, 16 ans, seule élève du lycée Anova à s’être déplacée. « Ça fait drôle de savoir », a renchéri Cheyenne, 15 ans, de Do Kamo. Le temps de digérer les choses, tous ces élèves se retrouveront de nouveau, le 9 septembre, à l’occasion d’une demi-journée destinée à présenter leurs recherches sur la diversité des Calédoniens.
Gédéon Richard

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