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Le siècle des lumières sous les projecteurs de Do Kamo

Voltaire était parmi nous hier soir, et tous les internes ont pu l’écouter.

Le spectacle l’a mis en scène à partir de quelques unes de ses œuvres majeures, mais aussi Montesquieu, Diderot, Rousseau, Marivaux…
C’est à la fois un pamphlet théâtral contre l’esclavage, l’intolérance et le fanatisme et une fine analyse de la société européenne qui s’est enrichie par la traite négrière.
C’est l’autre face du Nouveau Monde, la richesse des Amériques basée sur le pillage humain de l’Afrique.

Voltaire, cette immense voix de la culture européenne s’est dressée contre ce désastre.

« Il ne suffit pas d’être la démocratie, il faut encore être l’humanité »

 

 

 

Voici l’article publié par les Nouvelles Calédoniennes le vendredi 30 septembre :

GRAND NOUMÉA

  • Vallée-des-Colons. Un comédien de passage pour le Théâtre du Versant a terminé la nuit dernière un séjour qui l’a conduit à jouer devant des scolaires une pièce inspirée par de grands penseurs.
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    Cour du lycée Do-Kamo, le mercredi 28 septembre. Fabien Lupinelli, seul sur sa scène improvisée, a campé le grandVoltaire dans plusieurs situations, mais aussi convoqué le souvenir de Diderot, Montesquieu ou Marivaux. Photos Jacquotte Samperez
    Françoise Tromeur
    Crée le 30.09.2016 à 04h25
    Mis à jour le 30.09.2016 à 04h25

    Il est possible de faire rire aux éclats les lycéens calédoniens avec des extraits de Voltaire et d’autres esprits des Lumières. Même quand le spectacle qui convoque ces grands penseurs questionne un sujet aussi sérieux que leur efficacité à combattre l’esclavage. Mercredi soir, dans la cour de Do-Kamo, le comédien métropolitain Fabien Lupinelli a réussi à plonger les internes du lycée privé dans Le Jardin des Lumières.
    « Le texte du vieillard à Tahiti »

    Une pièce qu’il a écrite et mise en scène à partir de plusieurs œuvres et correspondances. Pour Voltaire, personnage principal de sa déambulation à travers le XVIIIe siècle, les extraits proviennent de Candide, du combat pour la défense de Jean Calas et de lettres. Les autres philosophes apparaissent à travers L’Île aux esclaves de Marivaux, L’Esprit des lois de Montesquieu, Le discours sur l’origine de l’inégalité de Rousseau ou Le Supplément au voyage de Bougainville écrit par Diderot. C’est dans celui-ci que figure « le texte du vieillard à Tahiti », a reconnu Olivia, élève de seconde qui l’a étudié en cours. « C’était au programme de français et de philo, confirme le documentaliste Daniel Collet à propos de ce Jardin des Lumières. Nous faisons un effort pour sensibiliser les élèves au théâtre et cette opportunité s’est présentée d’accueillir le théâtre ici, explique-t-il. C’est la première fois que nous proposons comme ça une pièce, et je pense qu’on le refera. »

    « C’est bien qu’il y ait des activités le soir », réagit Yolina, interne en terminale. « C’était rigolo, il a bien joué les personnages », remarque encore Tanya, en seconde. Sur sa scène improvisée avec des moyens simples et inventifs, passant d’un auteur à l’autre, Fabien Lupinelli bondit, glapit, titube, claque du fouet. Et il déclame des paroles fortes d’hier mais souvent d’actualité encore aujourd’hui. « Il faut se méfier de l’esprit du temps et systématiquement refuser les idées reçues, aussi séduisantes soient-elles », conseille le comédien.
    « Non à l’injustice ! »

    Puis, s’inspirant du jour où Voltaire devait présenter sa tragédie Tancrède, il interagit avec l’auditoire : « On ne peut pas rester assis sur son siège quand il se passe des abominations dans le monde. » Une centaine de jeunes, mais aussi une riveraine du quartier, se lèvent avec lui pour crier, plus ou moins amusés : « Non à l’injustice ! Non à l’intolérance ! Non au fanatisme ! »

    La soirée s’est terminée par des échanges avec cet artiste venu en Calédonie pour le Théâtre du Versant. Une compagnie des Pyrénées- Atlantiques tournée vers les échanges avec Le Sud. « Pourquoi avoir pris le rôle de Voltaire ? », s’est enquise une lycéenne. « Pour les idées que ça me permet de dégager. » « C’est la première fois que vous jouez devant des mecs scolarisés ? », a demandé un camarade. Pas vraiment, a répondu le septuagénaire. Durant son court séjour, qui s’est terminé la nuit dernière, il n’a joué que devant des publics scolaires. En Brousse, à Dumbéa, à Païta et à Nouméa.

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